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Tout savoir sur le nouveau réseau social qui fait parler de lui en France

Jeune femme parisienne découvrant un nouveau réseau social sur son smartphone dans un café parisien

Epsilon est un réseau social lancé le 28 septembre 2026, présenté comme une alternative européenne à X (ex-Twitter). La plateforme repose sur le protocole ouvert ActivityPub et s’appuie techniquement sur Mastodon, ce qui la rattache au Fediverse, l’ensemble des serveurs décentralisés capables de communiquer entre eux.

Epsilon et le protocole ActivityPub : un réseau social bâti sur Mastodon

Contrairement à ce que laisse penser sa communication, Epsilon n’a pas développé une infrastructure technique en partant de zéro. La plateforme fonctionne comme une instance Mastodon, c’est-à-dire un serveur qui utilise un logiciel libre existant et un protocole de communication standardisé, ActivityPub.

Ce protocole permet à un compte créé sur Epsilon d’interagir avec des comptes hébergés sur d’autres instances Mastodon ou sur des plateformes compatibles. En pratique, un utilisateur Epsilon peut suivre et être suivi par des personnes inscrites sur des serveurs différents, sans que ces dernières aient besoin de créer un compte Epsilon.

Ce choix technique a une conséquence directe : les données publiées sur Epsilon ne sont pas enfermées dans un écosystème propriétaire. À l’inverse de réseaux comme Instagram ou Threads, où le contenu reste captif de la plateforme, le Fediverse repose sur l’interopérabilité. Pour suivre l’actualité des réseaux sociaux et des alternatives qui émergent en France, googleplus.fr propose régulièrement des analyses sur ces sujets.

Groupe de jeunes professionnels français discutant d'un nouveau réseau social sur un ordinateur portable dans un espace de coworking

Modération par intelligence artificielle : le filtrage avant publication sur Epsilon

La plupart des réseaux sociaux modèrent les contenus après leur mise en ligne, en réponse à des signalements. Epsilon adopte une approche différente : un filtrage préalable par intelligence artificielle analyse les publications avant qu’elles ne soient visibles.

L’outil de filtrage repose sur une technologie de Mistral, la société française spécialisée en modèles de langage. Une intervention humaine est prévue en cas de doute sur la classification automatique.

Ce système pose une question technique rarement abordée dans les présentations grand public : le taux de faux positifs. Un filtre trop strict risque de bloquer des contenus légitimes avant même leur diffusion. À grande échelle, ce type de modération préventive peut décourager certains utilisateurs, notamment ceux qui publient des contenus satiriques ou à caractère politique.

  • Le filtre IA intervient avant la publication, pas après signalement
  • La technologie de Mistral alimente le système de classification automatique
  • Un modérateur humain prend le relais lorsque l’IA ne tranche pas avec certitude

Absence d’algorithme de recommandation : ce que cela change concrètement

Epsilon affiche les publications dans un ordre chronologique, sans algorithme de recommandation personnalisé. Sur X, Instagram ou Threads, un algorithme sélectionne et ordonne les contenus en fonction du comportement passé de chaque utilisateur : temps passé sur un post, interactions, centres d’intérêt déduits.

L’absence d’algorithme addictif signifie qu’il n’y a pas de fil infini optimisé pour augmenter le temps passé sur la plateforme. Epsilon ne propose pas non plus de lecture automatique des vidéos. L’utilisateur choisit ce qu’il consulte, dans l’ordre où les contenus ont été publiés.

Ce modèle a un coût en termes d’expérience utilisateur. Sans algorithme, la pertinence du fil dépend entièrement de la qualité des comptes suivis. Un utilisateur qui suit peu de comptes verra un fil pauvre, là où un algorithme aurait comblé les vides avec des suggestions. Ce fonctionnement favorise les utilisateurs déjà familiers des réseaux décentralisés, habitués à construire manuellement leur fil d’abonnements.

Homme parisien consultant un nouveau réseau social français sur son smartphone dans la rue à Lyon

Hébergement européen et conformité RGPD : les engagements d’Epsilon

Epsilon se positionne comme un réseau social hébergé intégralement en Europe. Les données des utilisateurs restent stockées sur des serveurs européens, et la plateforme s’engage à respecter strictement le RGPD. Aucune donnée n’est revendue, aucun traqueur publicitaire n’est utilisé.

Cet engagement distingue Epsilon des plateformes américaines soumises au Cloud Act, une loi fédérale qui permet aux autorités américaines de demander l’accès aux données stockées par des entreprises de droit américain, y compris lorsque les serveurs se trouvent physiquement en Europe.

La question du financement découle directement de ce positionnement. Sans publicité ciblée ni revente de données, le modèle économique d’Epsilon repose pour l’instant sur les fonds propres des fondateurs et des investisseurs privés. Des offres payantes pour les entreprises et personnalités publiques sont envisagées d’ici la fin de 2026, mais aucun calendrier précis n’a été communiqué.

Adoption d’Epsilon en France : des premiers chiffres à relativiser

La couverture médiatique autour d’Epsilon a été importante dès son lancement. Les chiffres d’adoption communiqués restent toutefois modestes et peu homogènes selon les sources. Certaines évoquent environ 1 000 comptes actifs autour du lancement, d’autres mentionnent 5 000 inscriptions durant les quatre premiers jours.

Cette disparité illustre un problème classique des nouveaux réseaux sociaux : la différence entre comptes créés, inscriptions et utilisateurs réellement actifs. Un compte créé n’équivaut pas à un utilisateur qui publie ou interagit régulièrement.

Pour qu’un réseau social atteigne une masse critique, il doit franchir un seuil où la valeur perçue par chaque utilisateur justifie qu’il y revienne quotidiennement. Epsilon n’en est pas encore là. La compatibilité avec le Fediverse peut théoriquement accélérer cette dynamique, puisqu’un nouvel inscrit accède dès le départ à un écosystème de contenus plus large que la seule base d’utilisateurs Epsilon.

Le positionnement d’Epsilon reste un pari sur la demande d’un public européen lassé des pratiques des grandes plateformes. La viabilité à moyen terme dépendra de la capacité à transformer la curiosité médiatique en usage régulier, et à stabiliser un modèle économique sans publicité.

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