aaPost-it


VOEUX DU MAIRE SALLE A. GIRARD

7 JANVIER 2018 à 11H

Agenda

No current events.

Camping municipal
Artisans, commerçants

MambWeather
Saint Martin aux Buneaux
--- °C

Patrimoine, historique

Saint-Martin-aux-Buneaux

L’échelle (Le Port)
On dit qu’un jour, au cours de ses voyages

L’bon Saint Martin, observant l’océan,

Vit un bateau parmi les flots en rage

Et entendit des appels déchirants.

Mais la falaise se dressait en muraille,

Aucun secours ne pouvait être tenté,

Notre bon saint, ému jusqu’aux entrailles,

Implora l’aide des divinités.

À sa prière se calma la tourmente

Et le rocher s’ouvrit, oh ! quel bonheur,

D’vant les marins tous muets d’épouvante,

Mais dont la joie faisait battre les cœurs.

 

La légende du port, Herblé.

Données physiques

Situé sur le plateau cauchois à l’altitude de 80 mètres, Saint-Martin-aux-Buneaux possède des limites naturelles (la Manche au Nord-Ouest, la valleuse du Port au Nord-Est et la grande valleuse des Petites-Dalles au Sud-Ouest) et des limites artificielles côté plateau au Sud-Est.

Les coordonnées sont 49°49’33’’de latitude Nord et 0°33’13’’ de longitude Est.

La pluviosité annuelle varie de 1 000 à 1 100 mm.

La durée d’insolation est de plus de 1 700 heures / an.

Les vents dominants sont Nord-Ouest, alors qu’à l’intérieur du Pays de Caux, ils sont Ouest et Sud-ouest.

Le plateau qui fait partie de l’auréole du Bassin parisien est recouvert de limons déposés par le vent pendant les périodes froides du quaternaire. Ils peuvent atteindre une épaisseur de 10 mètres.

Au-dessous, on trouve l’argile à silex (localement nommée «le tuc») provenant de la décalcification de la craie à l’ère tertiaire.

Enfin, plus profond, on atteint la craie datant du secondaire et entrecoupée de couches de silex. L’ensemble repose sur un soubassement jurassique.

Carte de Cassini, 1760-89

RETOUR HAUT DE PAGE

Données administratives

La commune qui occupe une superficie de 814 hectares est située à 66 km de Rouen (préfecture) et à 10 km de Cany (ancien chef-lieu de canton).

Les communes limitrophes sont : Sassetot-le-Mauconduit, Vinnemerville, Butot-Venesville, Auberville-la-Manuel et Veulettes-sur-Mer.

Sous l’Ancien Régime, Saint-Martin dépend, pour l’autorité civile, du baillage de Cany et de l’élection de Caudebec.

Pour l’autorité religieuse, Saint-Martin relève du diocèse de Rouen, de l’archidiaconé du Grand Caux, du doyenné de Valmont, de la titulature de Saint Martin et du patronage du seigneur.

 

À la Révolution, pendant laTerreur le village s'est appelé << Saint-Martin-la-Montagne, ci-devant aux Buneaux >>, ce qui n'est pas sans rappeler Auberville-la-Manuel devenu << La Réunion >> et ensuite << Saint-Maclou-la-Montagne >>.

Les noms révolutionnaires furent donnés à l’époque de la Terreur. On remplaçait les noms de l’Ancien Régime « comme entachés de féodalité et de fanatisme ».

En 1790, la commune fait partie du district de Cany, canton de Sassetot-le-Mauconduit. En l’an VIII elle est rattachée à l’arrondissement d’Yvetot, canton de Cany.

Ce n’est qu’en 1926 que Saint-Martin intègre l’arrondissement de Dieppe. Il faut attendre le 20 mai 1955 pour que la Seine-Inférieure devienne Seine-Maritime.La «Porte de Saint-Martin» (Vinchigny)

Jusqu'en 2014, la commune de Saint-Martin-aux-Buneaux dépendait du canton de Cany-Barville. Depuis le redécoupage, elle fait partie du canton de Saint-Valéry-en-Caux, arrondissement de Dieppe, département de la Seine Maritime. De même, suite au redécoupage des régions, Saint-Martin-aux-Buneaux est une commune de la région Normandie depuis le 1er janvier 2016, alors qu'elle relevait de la Haute-Normandie auparavant.

Par ailleurs, elle est située sur la côte d’Albâtre et elle fait partie de la Communauté de Communes de la Côte d’Albâtre ainsi que du Pays du Caux-Maritime. À partir du 1er janvier 2017, elle intégrera la future Communauté de Communes Côte d'Albâtre Mer et Lin.

Aujourd'hui, le centre du village s’articule autour de l’intersection des RD 68 et RD 79 avec la mairie (ancienne et nouvelle), les écoles, l’église et le château. Mais il n'en a pas toujours été ainsi puisque le centre actuel se situe pour partie ce qui était autrefois un hameau, << Le Hameau de l'Eglise >> selon la toponymie.

À l’époque gallo-romaine, le village était organisé le long d’une voie de communication reliant les camps romains de Veulettes et de Fécamp qui correspond, dans sa partie Saint-Martinaise, à la ligne droite le Val / la Grand’rue.

Au fil du temps, notamment pendant la période franque puis normande, d’autres occupations ont vu le jour conduisant à la variété d’habitats que nous connaissons à l`heure actuelle.

On retrouve les caractéristiques du village-rue (la Grand’Rue), de l’habitat groupé propre à l’openfield (Le Marché), de l’habitat dispersé (dix hameaux : l’Eglise, le Beau-Soleil, Vinchigny, la Grand’Rue, le Val, Septimanville, Tournetot, la Campagne, le Marché et le versant nord des Petites-Dalles), des lotissements (résidence du Beau-Soleil et résidence des Mouettes), de l’architecture balnéaire (villas des Petites-Dalles) et des maisons de pêcheurs (partout).

Données floristiques et faunistiques : une nature équilibrée

Saint-Martin-aux-Buneaux (et ses environs) est une zone de frontière entre deux écosystèmes voisins : le milieu maritime et le milieu continental. La séparation est très nette car il n’y a pas d’interpénétration. Cependant, cette lisière est élargie grâce aux trois valleuses (le Val, le Fond de Villon et les Petites-Dalles) – phénomène qui se retrouve d’ailleurs dans beaucoup d’autres valleuses boisées entre Le Havre et Dieppe.

Le plateau

C’est un paysage de champs ouverts avec clos-masures, chemins creux, polyculture et élevage.

Les talus plantés (hêtres, chênes, pins maritimes et pins d’Autriche), les haies (troènes, charmilles), les vergers (pommiers à cidre, poiriers de coq), les maisons rurales (potagers, poiriers en espalier) enrichissent la faune de l’openfield traditionnel. On trouve les animaux inféodés aux plantes cultivées (mouche grise du blé, campagnol des champs, etc.) ainsi que le lièvre, la perdrix et le sanglier.

Les valleuses

On signale la présence de chiendent littoral sur la pelouse du Val et d’orchidées (orchis pyramidal) sur la partie calcicole de la pelouse des Petites-Dalles. En s’éloignant de la mer, ces pelouses laissent place à des formations basses (fourrés à ronces, landes à ajoncs et prunelliers).

La route du Val menant vers le Port

Le fond de Villon

Le fond de Villon

Celles-ci sont très importantes pour les oiseaux migrateurs ou sédentaires qui suivent la côte (passereaux) alors que les mares sur la falaise attirent canards et petits limicoles.

Dans ces parties buissonnantes, on trouve aussi des vipères, des couleuvres à collier et des lapins (sans oublier leur prédateur naturel, le renard).

Dans les valleuses boisées ou couvertes de landes on observe davantage de prédateurs rapaces (faucon crécerelle mais aussi buse et chouette hulotte) et de prédateurs mammifères (renard mais aussi blaireau, fouine, belette et putois). On note également un plus grand nombre d’oiseaux de passage (pic épeichette, pinsons du Nord et grives nordiques). Enfin l’équilibre des populations de petits mammifères (musaraigne, mulot) y est aussi meilleur grâce à la plus forte densité des prédateurs.

Ainsi, les valleuses de Saint-Martin-aux-Buneaux contribuent à enrichir  le plateau littoral.

 

RETOUR HAUT DE PAGE

Données historiques

Si Sancti Martini ad Burneaus est mentionné pour la première fois en 1235, l’origine du village semble être bien antérieure. En effet, à la fois les vestiges néolithiques mis au jour près du Yaume (J.-P. Watté & G. Vaudrel, 2006), la découverte d’une flèche ancienne aux Petites-Dalles (Loisel, 1901), les débris gallo-romains et la nécropole franque fouillée aux Petites-Dalles (Abbé Cochet, 1864) tendent à démontrer que les plus anciennes implantations humaines étaient plutôt situées à l’entrée des valleuses, côté plateau.

C’est ainsi qu’on retrouve la trace des différentes occupations au fil des siècles dans les toponymes romains – Saint-Martin, la Grand’Rue, le Val, Le Port, le Marché ; francs ou saxons – Vinchigny (Witso et gny), Septimanville (Sedeman et villa) et scandinaves – Tournetot (Turold et Tost), Villon, Petites-Dalles (Dales).

L’église dont l’ancien clocher servait d’amer aux marins - image provenant du fond Wallon prise vers 1880

Il est plus difficile de savoir si la puissante seigneurie qui s’installe ensuite sous les premiers Capétiens est d’origine franque (Busnel/Bunel) ou viking (Bunouf). Toujours est-il qu’au début du 13e siècle la paroisse est donc désignée sous le vocable de Sancti-Martini-ad-Burneaus, nom provenant de deux familles – les Bunel et les Saint-Martin qui se partagent le territoire. Et c’est finalement le fief des Saint Martin qui s’impose avec Jehan Quesnel en 1503 puis Guillaume Jubert, conseiller à la cour des aides de Rouen, à la fin du 16e siècle. Le domaine ne changera pas de main jusqu’à la Révolution.

Pour asseoir leur pouvoir, les premiers seigneurs Bunel auraient édifié un château-fort détruit plus tard par Richelieu. Certaines pierres du donjon auraient été réemployées dans des édifices voisins (église, logis, etc.).

Saint-Martin-aux-Buneaux, village côtier, est peuplé de gens de la mer et de gens de la terre. Si les premiers constituent un véritable «vivier» de marins pour les capitaines de navires, fréquentent l’estran par le Port (parfois pour guerroyer comme ce Pierre du Val, écuyer, qui fait prisonnier l’équipage d’un navire anglais en 1386) et pratiquent la pêche côtière à partir du port d’échouage des Petites-Dalles, les seconds élèvent des moutons (ferme d’Epreville), tissent à domicile ou cultivent les terres.

Avec la Renaissance, le village va connaître de grands bouleversements. La taille du grès provenant des carrières voisines (Malleville-les-Grès) est rendue possible et la région se couvre d’édifices religieux et civils. À Saint-Martin-aux-Buneaux, l’église construite  sous Philippe-Auguste par le seigneur Bunel s’avère être trop petite. Une seconde nef est bâtie, faisant ainsi de cet édifice l’un des plus imposants de la région.

Dans chaque hameau, de grandes et riches demeures en grès sont construites comme l'actuelle mairie (qui porte le blason des Lintot), propriétés de personnes se partageant les fiefs nobles de Saint-Martin.

 

L’ancien presbytère devenu mairie serait une ancienne maison d’armateur

L'ancien presbytère devenu mairie porte le blason des Lintot.

L’entée du château (Hameau de l’Eglise)

En 1699, un nouveau château sort de terre, peut-être sur les ruines de l’ancien château-fort. Son portail, avec entrée piétonnière et charretière, est surmonté, selon la légende, d’un sarcophage qui renfermerait le cœur d’un corsaire (ne pouvant pas être inhumé à l’église ou jeté à la mer). Il s’agit plus certainement de l’emplacement où se trouvaient les armes du seigneur, effacées par la suite.

Jambage de cheminée en grès sculpté (Vinchigny) Puits à marée du château

De même, les cheminées des logis de fermes s’ornent de jambages en grès sculpté représentant des ancres marines (fermes du Val) ou des Indiens d’Amérique du Sud (ferme Seigneur) croisés par nos valeureux navigateurs au service d’armateurs dieppois partis faire fortune en rapportant le bois de braise (colorant rouge) du Brésil pour les teinturiers rouennais.

Croix de chemins et calvaires en grès Croix de chemins et calvaires en grès
Croix de chemins et calvaires en grès Croix de chemins et calvaires en grès

Des croix de grès apparaissent également à la croisée des chemins (le Marché, Tournetot, la Grand’Rue) et dans le cimetière. Enfin, des puits à marée reçoivent de magnifiques margelles aux courbes harmonieuses (hameau de l’Eglise, Septimanville, la Grand’Rue).

La population de Saint-Martin-aux-Buneaux a considérablement varié au cours du temps (100 familles sous saint Louis, 350 feux sous Louis XV, 1 500 habitants en 1820, 1 800 habitants en 1850… et presque 700 aujourd’hui ! Sous l’Ancien Régime, après les désastres de la guerre de Cent Ans et les épidémies, l’essor démographique a été tel qu’il a entraîné l’agrandissement de l’église et conforté l’existence d’une foire très importante (érigée sous le nom de Sainte-Croix) qui se tenait le troisième vendredi de septembre, le vendredi étant jour de marché dans la commune.  À l’origine, la place du marché avec ses halles se trouvait dans un quadrilatère formé par les actuelles rue du Marché, rue de la Forge, rue d’Auberville et rue du Château. À partir de 1852, le marché est établi devant l’église puis il est transféré à Sassetot-le-Mauconduit.

 

Au 19e siècle, la grande pêche à Terre-Neuve et les mutations agricoles (culture du lin et de la betterave à sucre, apparition de l’élevage bovin) continueront à maintenir un certain niveau de population jusqu’à la Grande Guerre. Parallèlement, la transformation du hameau de pêcheurs des Petites-Dalles en lieu de villégiature bourgeoise à partir de 1860 se conjugue avec l’arrivée des estivants, la construction de villas balnéaires et la mode des bains de mer.

Le monument aux morts de Réal del Sarte

7e Panzerdivision de Rommel, 1944 (Les Petites-Dalles), image provenant du fond Wallon

 Bunker goniomètre servant au radioguidage (Fond de Villon)

Saint-Martin-aux-Buneaux a souffert des différentes guerres : occupation prussienne en 1870 (plusieurs maisons réquisitionnées), nombreux morts au front en 1914-1918 (45 victimes), endroit stratégique pour les Allemands en 1939-1945 (Rommel aux Petites-Dalles en 1940 puis 1944, constructions de stations de radioguidage et de blockhaus, etc.).

Bétail de la ferme Eudier (ferme du château)

La seconde partie du 20e siècle a vu de nombreux changements s’opérer, notamment la mise en place de la Politique Agricole Commune (PAC) et la disparition programmée des petites fermes – il ne reste plus que cinq exploitations aujourd’hui (Eudier, Fiquet, Georges, Mius, Viard).

Procession de la Saint-Pierre des Marins, 2009 (Hameau de l’Eglise)

Bénédiction de la mer, 2010 (Les Petites Dalles)

Le Grand métier a disparu lui aussi et la cérémonie de la Saint-Pierre des Marins n’a plus lieu en février lors du départ sur les bancs mais en août pour le tourisme.

 

Vue aérienne montrant au loin la centrale de Paluel

La construction de la centrale électronucléaire de Paluel (1977-1986) a créé des emplois et rapporté de la taxe professionnelle aux communes environnantes qui se sont d’abord regroupées en District de la région de Paluel puis en Communauté de Communes de la Côte d’Albâtre.

Ramasseurs de galet dans les années 1960 (Le Port)

La « Pique-pique », atelier de confection (Le Val)

Commerces et artisans ont décliné inexorablement, tout comme les petites industries locales (atelier de confection au Val, ramassage du galet au Port, serres à Septimanville, charcuterie industrielle dans la Grand’Rue, etc.).

 

MM. Bérégovoy, de Montalembert, Jouanne et Georges, août 1992

Dans les années 1980, Saint-Martin-aux-Buneaux a été un moment sous les feux des projecteurs lorsque Pierre Bérégovoy, Premier ministre, séjournait dans sa maison de vacances impasse de la Butte au Val.

Aujourd’hui, le village est résolument tourné vers le tourisme (station balnéaire des Petites-Dalles, gîtes, chambres d’hôtes, campings), l’animation (visite de la grotte des Petites-Dales, concerts, expositions de peinture) et la sauvegarde de son patrimoine bâti (architecture en pan de bois, brique et silex).

Affiche de l’exposition patrimoine 2005

Villa balnéaire (Les Petites-Dalles)

Logis à pan de bois, grès, brique et silex (Vinchigny)

Maison de marin (La Grand’Rue)

La grotte des Petites-Dales

Le camping municipal (La Grand’Rue)

La vie associative y est toujours aussi dynamique, s’efforçant de créer du lien social à l’instar de l’ancienne association Vagues et Sillons qui œuvrait jadis au rapprochement entre les familles de marins et d’agriculteurs.

Patrick LEBOURGEOIS, novembre 2016.

RETOUR HAUT DE PAGE